You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.

Loading...

Restauration d'un ULM

La Résurrection

Aligné piste 11, accroché au manche et à un adage rassurant « la peur n’écarte pas le danger »!, gaz à fond, quelques secondes de roulage et ça y est, bon sang, ça vole !!!

La vitesse !! La bille !! Le régime moteur: 10 000 tours ! J’imagine dans ma tête de mécanicien le « tricotage mécanique » qui se passe dans le moteur au-dessus de ma tête, et pourtant Ça vole !!! Une obsession, monter à une hauteur de sécurité et revenir au mieux sur piste pour valider ce premier vol. Notre machine de série est rebaptisée « Luciole », suite au montage par l’un des anciens propriétaires, d’un moteur de moto. Ceci, bien sûr, validé par les autorités compétentes. 1000 Ft atteint, la pression se relâche, la vitesse, la bille, la piste, la mélodie est rythmée dans ma tête, le principal : rester dans le cône de sécurité. Le cône de sécurité! Facile à dire quand c’est la première fois que tu pilotes cette machine! Bon, en cas de problème je ferai au mieux, maintenant tu es en l’air !!!

Un posé complet confirme que la finesse de ce type de machine, a un plané de « fer à repasser ». Bon, cela aura le mérite de nous faire découvrir un pilotage différent où la réduction des gaz se fait quasiment en seuil de piste!

L’histoire de la « résurrection » de cet ULM a commencé il y’a quelques années, dans les hangars de la piste d’un aérodrome privé, dans le Loir et Cher. Lors d'une visite guidée des lieux par l’un des piliers du site, mon regard est attiré par une épave.

- Dis-donc Christian! C’est quoi cet engin poussiéreux le long du mur là-bas ?

- Ça ?

- Oui ça ! ça ressemble à une machine volante ! Cet amas de tube ressemble à un ancêtre de nos machines…

- Effectivement, me répond mon interlocuteur, cet engin a vécu une fin d’étape de base compliquée, suite à un problème d’alimentation d’essence. Les ailes ou ce qu’il en reste, sont dans la remorque qui sert à le transporter, lorsque celles-ci sont repliées…

Contact pris avec le propriétaire qui avait quasiment oublié l’existence de cette épave et l’affaire est conclue. Notre association, pour une « poignée de cacahuètes », devenait propriétaire de « Ça » ….

Une fois rapatriée sur notre base à l’aide de la remorque dédiée, mon intime conviction ou plutôt mon sens des réalités revenu, je commençais à comprendre que « Ça » allait être une grande aventure …. À cette époque les membres de notre l’association était très restreint et mon emploi du temps bien chargé !

Après une analyse des débris, le bilan n’était pas joyeux! Pour simplifier l’inventaire je ne vais parler que du récupérable…. La structure tubulaire de la cellule, les instruments de bords, et le moteur Honda et aussi, j’oubliais, le réservoir en résine qui vraisemblablement était à l’origine du malaise, en étape de base.

La restauration a duré plusieurs années, principalement l’hiver. Nous avions de quoi voler, pas d’urgence, mais cette idée de voler la truffe à l’air, nous motivait. Le maître mot, une restauration dans les règles de l’art, pas de bricolages hasardeux. Pour les parties structurelles, les compétences étaient dans l’équipe.

De la re-fabrication d’une aile et la moitié de l’autre, de l’entoilage au câblage électrique, de la fabrication du moule pour la réalisation du carénage, jusqu’à la réalisation des housses de sièges, quasiment toutes les étapes d’une construction à neuf, furent réalisées.

Étape après étape, surprises après surprises, nous avons redonné vie à cet engin volant. Une belle aventure de copains passionnés. Des aventuriers dans la jungle des connaissances à posséder,pour mener à bien cette restauration. L'ensemble des travaux furent réalisés par nos soins, avec plus ou moins de réussites, mais toujours dans la bonne humeur !

Bilan des courses, cette sympathique et originale machine va nous permettre de voler comme les pionniers, le nez au vent, à maximum 100km/h. Le plaisir étant de voler, plus ça dure, meilleur c'est !